Inde : on fait cuire du riz dans les sources chaudes de Manikaran
En Inde, à Manikaran, l’eau des sources chaudes sert à cuire le riz et à préparer des repas communautaires dans un lieu de pèlerinage.
Photo : Shrayash29, CC BY-SA 4.0, recadrée.
En Inde, dans une vallée de l’Himalaya, certaines sources chaudes servent même à faire cuire du riz. Cela se passe à Manikaran, un lieu de pèlerinage où l’eau géothermale sert aussi aux bains.
Dans la plupart des spas, voir arriver un sac de riz serait plutôt inattendu. Ici, la chaleur naturelle fait partie du quotidien, jusque dans la cuisine.
De la vapeur à côté d’une rivière froide
Manikaran se trouve dans la vallée de la Parvati, dans l’État de l’Himachal Pradesh. Des sources thermales jaillissent à proximité d’une rivière de montagne. Sur les photographies, la vapeur se mélange à un paysage de rochers, de bâtiments et de pentes boisées.
Le contraste est frappant : la rivière est alimentée par les eaux de montagne, tandis que les sources remontent du sous-sol à des températures très élevées.
Le site officiel du festival Kullu Dussehra, administré par l’État, décrit ces sources et explique que le riz peut y être cuit dans un petit sac de tissu immergé dans l’eau chaude.
Il ne s’agit pas d’un exercice à essayer dans n’importe quelle source. L’eau et les roches autour des émergences peuvent être dangereusement chaudes.
Une cuisine alimentée par la géologie
Le gouvernement indien décrit aussi l’utilisation de l’eau chaude dans la préparation du langar, le repas communautaire servi dans un gurdwara, un lieu de culte sikh. Selon le portail touristique officiel Incredible India, le personnel du gurdwara de Manikaran utilise notamment ces sources pour préparer du riz destiné aux visiteurs.
La tradition est intéressante pour une raison toute simple : ici, l’eau chaude ne sert pas uniquement à se détendre. Elle est intégrée à la vie du lieu, jusque dans la cuisine.
On n’a pas besoin d’inventer des propriétés extraordinaires à l’eau pour trouver ça remarquable.
Un lieu sacré pour deux traditions
Manikaran attire des pèlerins hindous et sikhs. Ses temples et son gurdwara sont liés à des récits religieux différents.
Une légende hindoue raconte que la déesse Parvati aurait perdu un bijou dans les eaux et que les sources seraient apparues à la suite d’une intervention surnaturelle. Le rapport environnemental de l’Himachal Pradesh reprend ce récit comme une tradition locale, pas comme une explication scientifique.
Dans la tradition sikhe, Manikaran est associé à Guru Nanak, fondateur du sikhisme, et à un récit reliant l’apparition de l’eau chaude au partage de nourriture.
Ces histoires ne sont pas interchangeables. Elles expliquent pourquoi un même lieu naturel peut avoir une importance religieuse pour plusieurs communautés.
Est-ce vraiment un sauna?
Non. Manikaran est avant tout un ensemble de sources thermales et de lieux de pèlerinage. La chaleur vient de l’eau jaillissant naturellement du sol, pas d’un poêle qui chauffe une cabine.
On retrouve la distinction dans les bains japonais ou les bains sulfureux de Tbilissi : toutes les cultures de chaleur ne sont pas des saunas, et c’est précisément ce qui les rend intéressantes.
À Manikaran, le détail dont on se souvient n’est pas une température affichée sur un mur. C’est qu’une source chaude peut servir au bain, à la cuisine et au rituel religieux au même endroit.