Culture

Bains japonais : onsen, sentō et sauna, quelle différence ?

Au Japon, le bain de quartier et la source thermale racontent deux histoires différentes. Et le sauna n'est pas synonyme des deux.

Bassin thermal extérieur du Takanoyu Onsen dans la préfecture d’Akita, au Japon

Au Japon, un simple rideau marqué « ゆ », le caractère qui signifie « eau chaude », peut signaler un bain public au coin d’une rue. Pas besoin d’un hôtel de luxe ni d’une vue sur les montagnes. On entre, on se lave et on retrouve parfois les mêmes voisins.

C’est le sentō. L’onsen, lui, fait plutôt penser aux sources thermales et aux paysages volcaniques. Les deux font partie de la culture des bains japonais, mais ni l’un ni l’autre n’est automatiquement un sauna.

La différence commence dans l’eau

Dans un onsen, l’eau provient d’une source naturelle qui répond à des critères précis. Au Japon, la loi reconnaît notamment comme eau thermale une eau souterraine atteignant 25 °C à la source, ou contenant certains minéraux dans les proportions prévues. Autrement dit, le mot « onsen » ne promet même pas que l’eau sortira brûlante du sol. La définition est plus précise qu’une jolie photo de vapeur.

Un sentō est généralement un bain public de quartier, avec de l’eau chauffée. Ces établissements se sont développés à une époque où prendre un bain chez soi n’allait pas de soi. Ils ont aussi conservé une fonction sociale : on s’y croise, on jase et on reprend ses habitudes. L’Office national du tourisme japonais décrit d’ailleurs les sentō comme des lieux de rencontre du voisinage.

Et le sauna japonais dans tout ça ?

C’est là que les mots se mélangent. Dans un sauna, on chauffe surtout l’air autour des baigneurs. Dans un onsen ou un sentō, on s’immerge dans l’eau. Certains établissements japonais proposent les deux. Un sentō peut donc avoir un sauna sans cesser d’être un sentō.

Le visiteur qui cherche uniquement « sauna japonais » risque ainsi de passer à côté d’une bonne partie de l’histoire.

Le détail qui compte avant d’entrer

Dans ces bains, on se lave soigneusement avant de rejoindre le bassin commun. Les espaces sont souvent séparés selon le sexe, et la baignade se pratique généralement sans maillot. La petite serviette reste hors de l’eau.

Quant aux tatouages, les règles varient selon les établissements. Certains les refusent, d’autres les acceptent ou proposent des bains privés. Mieux vaut vérifier plutôt que de découvrir la politique de la maison une fois sur place. L’organisme touristique japonais explique ces différences.

La photo de carte postale montre souvent un onsen dans les montagnes. Le rideau d’un sentō de quartier raconte quelque chose de moins spectaculaire, mais peut-être de plus intéressant : au Japon, l’eau chaude n’est pas seulement une attraction. Elle a longtemps fait partie de la vie quotidienne.

Sources consultées