Culture

Hammam turc : pourquoi ce bain était aussi un lieu de rendez-vous

Le hammam turc, ce n'est pas seulement de la vapeur : marbre chaud, gant kese, mousse et vie sociale. Un rituel bien différent du sauna.

Galeries en bois et grand escalier dans le hall du hammam Hürrem Sultan à Istanbul

Photo : Navjot Singh, CC BY-SA 2.0, recadrée.

Dans certains anciens bains d’Istanbul, on pouvait venir se laver, prendre son temps… et ressortir avec les nouvelles du quartier. Le hammam était aussi un lieu de rendez-vous.

Pas mal pour un bâtiment qui, vu de l’extérieur, ressemble parfois davantage à un petit palais qu’à une salle de bain.

Ce n’est pas juste une pièce remplie de vapeur

Le hammam turc doit beaucoup aux bains publics romains et byzantins. Au fil de l’époque ottomane, il devient une institution de quartier, associée autant à l’hygiène qu’à la vie sociale.

À l’intérieur, on ne retrouve pas simplement une cabine chaude et un banc de bois. Il y a traditionnellement des espaces où l’on se change, où l’on s’habitue à la chaleur et où l’on se lave. La pierre, le marbre et l’eau occupent une place centrale. Les plans et les services varient d’un établissement à l’autre.

Le guide officiel de GoTürkiye sur les hammams traditionnels explique pourquoi les bains ne se réduisent pas à une version humide du sauna finlandais.

Au milieu, une grande pierre chaude

On s’allonge ou on s’assoit sur une plateforme de marbre chauffée appelée göbek taşı, littéralement « pierre du nombril ».

Pour le rituel complet, une personne chargée des soins peut utiliser un kese, une sorte de gant de gommage, puis recouvrir le corps d’une généreuse mousse de savon avant le rinçage. Le tissu léger noué autour du corps s’appelle un peştamal.

Tout ça fait partie des traditions décrites par l’office du tourisme turc. Il faut simplement éviter de penser que chaque hammam vend exactement le même forfait : certains proposent de se laver soi-même, d’autres offrent un soin guidé.

Un bain, mais aussi une sortie

Dans la société ottomane, les hammams ont accueilli des rencontres, des conversations et des cérémonies. Des groupes de femmes s’y retrouvaient notamment pour des célébrations liées aux mariages; les hommes pouvaient y discuter aussi bien de leur journée que de leurs affaires. GoTürkiye raconte cette dimension sociale.

Il y a un parallèle intéressant avec les anciens bains publics de Montréal : la possibilité de se laver collectivement raconte aussi une époque où l’accès à une salle de bain privée n’allait pas de soi. Mais les bâtiments et les coutumes n’étaient évidemment pas les mêmes.

Et contrairement aux bains japonais, où l’on distingue notamment l’onsen du sentō, la particularité du hammam se joue beaucoup autour du marbre chauffé et du soin à l’eau et au savon.

La prochaine fois qu’on vous décrit le hammam comme « un sauna avec plus de vapeur », pensez au gant, à la pierre et aux gens qui s’y retrouvaient. On ne venait pas seulement transpirer. On venait aussi vivre un moment ensemble.

Sources consultées