Baños del Inca : les sources où se reposait Atahualpa
Près de Cajamarca, au Pérou, des sources thermales étaient fréquentées par le souverain inca Atahualpa. Elles accueillent encore des baigneurs aujourd'hui.
Photo : Velvet, CC BY-SA 4.0, recadrée.
À quelques kilomètres de Cajamarca, dans les Andes péruviennes, des bassins reçoivent de l’eau chaude venue du sous-sol. Le nom du lieu est assez direct : Baños del Inca, les bains de l’Inca.
Ce n’est pas seulement une formule pour attirer les touristes. Le site est associé à Atahualpa, le souverain inca qui allait se retrouver face aux conquistadors espagnols en 1532. Et l’eau chaude, elle, n’a pas attendu les Espagnols pour sortir du sol.
Avant les touristes, Pultumarca
Le nom ancien du secteur thermal est Pultumarca. Selon l’inventaire officiel des ressources touristiques du Pérou, le lieu était déjà fréquenté à l’époque inca et associé au repos d’Atahualpa.
La tradition raconte qu’il s’y trouvait peu avant l’arrivée des Espagnols à Cajamarca. Il faut distinguer ce récit des éléments directement observables aujourd’hui. Nous connaissons l’existence et l’usage ancien des sources par les documents historiques; nous ne pouvons pas reconstituer exactement chaque bain pris par le souverain.
Ce qui reste certain, c’est le contexte : en 1532, la rencontre entre Atahualpa et les hommes de Francisco Pizarro à Cajamarca a précipité une rupture majeure dans l’histoire de l’Empire inca.
L’eau sort du sol à plus de 70 °C
L’attrait du lieu commence avec la géologie. Les sources peuvent dépasser 70 °C à l’émergence, selon le ministère péruvien du Commerce extérieur et du Tourisme.
À cette température, on ne se glisse pas directement dans l’eau. Les installations de baignade utilisent une eau adaptée à l’usage des visiteurs, notamment grâce à un mélange avec de l’eau plus froide.
Cette différence entre la température de la source et celle d’un bassin accessible est importante. Une belle photo pleine de vapeur ne donne pas la température réelle de l’eau dans laquelle quelqu’un se baigne.
Le bassin de l’Inca et les bains d’aujourd’hui
Le complexe conserve un bassin historique connu sous le nom de Poza del Inca. L’inventaire touristique péruvien le décrit comme un bassin d’environ quatre mètres sur quatre, avec une profondeur d’environ 1,70 mètre.
Autour, le lieu a changé. Le portail de promotion touristique du Pérou présente aujourd’hui des bassins individuels, des installations privées et des piscines extérieures.
Il serait trompeur de faire passer toutes ces installations modernes pour des constructions incas. Le site est ancien; son fonctionnement touristique, lui, est contemporain.
Une autre manière de raconter l’histoire par les bains
Les bains d’Atahualpa n’étaient pas des saunas finlandais. Ici, c’est l’immersion dans l’eau naturellement chaude qui compte. Mais le parallèle avec d’autres traditions est intéressant.
En Chine, au palais Huaqing, les bassins de la cour impériale montrent eux aussi comment l’accès à l’eau chaude pouvait refléter le pouvoir. Les histoires politiques n’ont rien de semblable, mais l’usage d’un lieu thermal par un souverain permet une comparaison inattendue.
C’est sans doute ce qui rend Baños del Inca si intéressant : on peut encore voir de l’eau chaude sortir du sol à un endroit où, il y a près de cinq siècles, l’histoire des Andes prenait un tournant décisif.