Culture

Balai de sauna finlandais : vihta ou vasta, quelle différence ?

En Finlande, le balai de sauna en bouleau s'appelle vihta ou vasta selon la région. Même sa façon d'être attaché raconte une histoire.

Séance traditionnelle de sauna finlandais avec un bouquet de bouleau

Photo : Ville Kurki, CC BY-SA 4.0, recadrée.

Pour un visiteur, c’est un balai de sauna, un bouquet de branches de bouleau utilisé pendant le bain. Pour un Finlandais, il peut aussi révéler de quelle région on vient.

Dans l’ouest du pays, on l’appelle plutôt vihta. À l’est, vasta. Le Suomen Saunaseura, l’association finlandaise du sauna, situe approximativement la frontière des deux usages dans un axe qui traverse le lac Päijänne.

On parle du même objet, et pourtant les différences ne s’arrêtent pas au vocabulaire.

On peut reconnaître un bouquet à sa façon d’être attaché

L’association décrit une méthode traditionnelle de l’ouest où les branches sont liées avec un rameau de bouleau plié. Dans l’est, on utilise plutôt un lien torsadé formant une boucle.

Ce détail semble minuscule. Il raconte pourtant quelque chose de la transmission d’un geste : on n’assemble pas seulement des feuilles, on reproduit une technique apprise auprès des générations précédentes.

Le choix du bouleau suscite lui aussi des discussions. Le rauduskoivu, ou bouleau verruqueux, est apprécié pour sa tenue. Le hieskoivu, ou bouleau pubescent, offre des rameaux plus souples, notamment pour les attaches. Les amateurs ne sont pas toujours du même avis sur le meilleur parfum.

Il existe même des critères de qualité

On pourrait croire que n’importe quel bouquet feuillu fait l’affaire. Mais la fiche finlandaise consacrée à la qualité des vihta donne des indications très précises : autour de 50 cm de longueur, 350 g de poids et une poignée débarrassée des feuilles et des pointes gênantes.

Ce sont des critères artisanaux publiés par l’association, pas une obligation légale pour tous les saunas de Finlande.

La période traditionnelle de récolte se situe autour de la Saint-Jean et au début de juillet, quand les feuilles tiennent bien. Et en Finlande, le droit général d’accès à la nature ne permet pas de prélever librement des branches sur le terrain de quelqu’un d’autre. Il faut l’autorisation du propriétaire.

Un champion du monde de bouquets de branches

Il y a même un nom à retenir : Pentti Hakala. La Saunaseura le présente comme champion de Finlande de confection de vihta en 1993 et champion du monde en 2001.

Sa description du travail ressemble davantage à une leçon d’artisanat qu’à un concours de vitesse. Former un éventail de feuilles, préparer la torsade, fixer la poignée et retirer toute pointe désagréable : chaque étape compte.

Voilà un concours où l’on peut devenir champion du monde sans devoir rester dans une pièce surchauffée plus longtemps que son voisin.

Et quand on utilise le vihta ?

Dans la chaleur, le bouquet sert à faire circuler l’air, à effleurer le corps et à libérer l’odeur du bouleau. Les gestes peuvent être doux. Personne n’a besoin de subir des coups pour participer.

Cela rappelle le venik de la bania russe, mais les noms, les méthodes et les traditions ne sont pas interchangeables.

Finalement, vihta et vasta désignent sensiblement le même compagnon de sauna. La différence est justement ce qui rend l’objet intéressant : dans quelques branches, on retrouve une carte linguistique de la Finlande, un savoir-faire manuel et même un petit morceau d’histoire sportive.

Sources consultées