Banya russe : pourquoi se frappe-t-on avec des branches ?
Dans une banya russe, on utilise un venik, un bouquet de branches de bouleau ou de chêne. Ce rituel sert surtout à diriger la chaleur et la vapeur.
Illustration historique, et non photographie : aquatinte d’Emelian Mikhaïlovitch Korneev (1811–1813), Wellcome Collection, fichier Wikimedia Commons, CC BY 4.0. L’image a été recadrée en 16:9.
Une personne est étendue sur un banc dans une pièce pleine de vapeur. Une autre prend un bouquet de branches feuillues et commence à l’agiter, puis à tapoter son dos.
À première vue, ça ressemble à une punition qui aurait mal tourné. Pourtant, dans une banya russe, personne n’est censé se faire battre.
Le bouquet s’appelle un venik (веник). Et il est là pour travailler avec la chaleur, pas pour gagner un concours de coups de branches.
Le venik n’est pas un balai ordinaire
On le fabrique souvent avec des branches de bouleau ou de chêne, attachées ensemble avec leurs feuilles. Le bouleau donne un bouquet plutôt souple; le chêne, avec ses feuilles plus larges, permet d’autres mouvements.
Quand les branches sont séchées, on les réhydrate avant de les utiliser. L’idée est d’avoir des feuilles souples, pas un fagot cassant. C’est l’un des gestes décrits dans le guide de la banya de l’Université ITMO, à Saint-Pétersbourg.
Pourquoi les branches touchent-elles la peau ?
Parce que le venik sert aussi de grand éventail. La personne qui dirige le rituel ramène l’air chaud et humide vers le corps, balaie doucement le dos avec les feuilles, puis peut faire de légers tapotements ou appliquer brièvement le bouquet chaud contre la peau.
Ces gestes font partie d’une pratique parfois appelée parenie, le travail de la vapeur. Le South-Western Bathhouse, au Canada, décrit comment les mouvements, la préparation des branches et l’attention portée à la personne changent la séance.
Et puis il y a le parfum : sous l’effet de l’eau et de la chaleur, les feuilles diffusent une odeur végétale. Dans une banya, le bois ne sert donc pas uniquement à alimenter le poêle.
Même idée que l’Aufguss allemand ?
Il y a un point commun avec l’Aufguss : dans les deux traditions, quelqu’un fait circuler l’air brûlant pour modifier la sensation de chaleur.
Mais là où le maître de sauna allemand utilise souvent une serviette, le rituel russe emploie des branches feuillues, qui peuvent toucher le corps. Ce n’est pas tout à fait le même geste ni la même ambiance.
Cela ne veut pas dire que toutes les banyas proposent un massage au venik, ni que le rituel doit être intense. Un bon accompagnement respecte le confort de la personne. Si la chaleur devient trop forte, on sort et on récupère.
Le détail à retenir est assez simple : le venik n’est pas une arme. C’est un éventail, un outil de massage léger et un bouquet qui sent la forêt.
Vu de l’extérieur, ça ressemble toujours un peu à une drôle d’idée. Mais dans la vapeur, ce sont surtout les branches qui travaillent.