Culture

Corée du Nord : les bains géants de Pyongyang

À Pyongyang, en Corée du Nord, Changgwangwon associe bains publics, piscines, saunas et même un plongeoir accessible par ascenseur.

Visiteurs faisant la file pour le complexe de bains Changgwangwon à Pyongyang en 2014

Photo : Laika ac, CC BY-SA 2.0, recadrée.

À Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord, le complexe de bains publics Changgwangwon ne ressemble pas à une simple salle d’eau de quartier. On y trouve des saunas, de grandes piscines et même, selon les descriptions du lieu, un ascenseur pour accéder au plongeoir.

L’établissement, ouvert en 1980, est aussi un équipement sportif spectaculaire. Pour comprendre ce qu’il représente, il faut regarder son histoire, sans confondre cette vitrine de la capitale avec les bains ordinaires du reste du pays.

En 1980, un complexe presque démesuré

Le centre Changgwangwon, aussi appelé Changgwang Health Complex, ouvre le 21 mars 1980 selon un bilan publié par l’agence sud-coréenne Yonhap à l’occasion de son quarantième anniversaire.

Le complexe rassemble sur plusieurs étages des bains, des saunas, des piscines, des espaces de massage, des salons de coiffure et d’autres services. L’idée est d’offrir bien plus qu’un endroit pour se laver.

Sa construction correspond aussi à une période où Pyongyang érige de grands équipements publics à l’architecture spectaculaire. Le guide de Koryo Tours, qui documente des visites sur place, décrit un exemple marquant du modernisme socialiste.

Des bassins pour se laver et pour faire spectacle

La surprise se trouve dans la partie sportive. Koryo Tours décrit une grande piscine, des gradins pour 2 000 spectateurs et des plongeoirs élevés, dont l’accès comprend un ascenseur.

Le bâtiment sert aussi de décor à des démonstrations de natation artistique. En 2020, Yonhap rappelait un spectacle qui s’y était tenu en 2019. Un même centre pouvait ainsi être présenté à la fois comme un bain public et comme un équipement sportif prestigieux.

L’établissement possédait aussi des salons de coiffure. Une rumeur souvent répétée à l’étranger affirmait que la Corée du Nord n’autorisait qu’une petite liste officielle de coiffures. Koryo Tours note que les panneaux montrant des coupes suggérées dans ce type d’établissement ont contribué à alimenter cette idée trompeuse. Ce n’est pas une preuve d’une liste nationale obligatoire.

Un bain très visible dans un pays difficile à observer

En 2019, KBS World rappelait que les bains collectifs avaient une utilité concrète en Corée du Nord, où l’accès domestique à l’eau chaude n’était pas toujours facile. Mais il faut éviter de confondre un grand complexe de la capitale avec les installations disponibles dans l’ensemble du pays.

Les informations sur Changgwangwon proviennent notamment de reportages sud-coréens, de récits de visiteurs et de médias officiels nord-coréens. Elles documentent son existence et son rôle historique; elles ne suffisent pas à garantir ses horaires ou ses conditions d’accès en 2026.

De Changgwangwon à la génération suivante

Pendant plusieurs décennies, Changgwangwon était l’un des grands symboles du bain public moderne de Pyongyang. Puis un autre établissement, Ryugyongwon, a ouvert en 2012 avec des salles chaudes aux matériaux plus surprenants.

L’histoire de Changgwangwon raconte ce déplacement : d’un immense équipement mêlant hygiène et sport vers une culture de complexes de loisirs thermaux plus spécialisés. Tout cela à partir d’un lieu où l’on venait, aussi, prendre un bain.