Sauna Lorrainebad à Berne : des yourtes chaudes grâce à un quartier
Au bord de l’Aar, à Berne, un collectif a transformé la saison morte d’un bain public en rendez-vous hivernal autour de saunas sous des yourtes chauffées au bois.
En été, le Lorrainebad, au bord de l’Aar à Berne, est un lieu où l’on vient pour l’eau et les journées chaudes. En hiver, une partie du site pourrait rester silencieuse. Mais des habitants ont eu une autre idée : installer des yourtes chauffées au bois et y ouvrir un sauna public.
Le Sauna Lorrainebad n’est pas un spa d’hôtel. C’est un projet porté par une association locale, avec une histoire qui parle autant de patience et de voisinage que de chaleur.
Avant les yourtes, deux ans de démarches
L’idée ne s’est pas matérialisée du jour au lendemain. D’après la Ville de Berne, les initiateurs ont passé plus de deux ans à préparer le projet : permis de construire, financement, fonctionnement du site et coordination avec les services municipaux.
Le sauna ouvre finalement le 3 novembre 2018. À l’origine, l’installation comprend deux yourtes de sauna, une yourte d’accueil et un espace de repos, tous chauffés au bois. C’est une manière ingénieuse de redonner vie, durant les mois froids, à un lieu public surtout associé à l’été.
L’association, qui rassemblait quatre personnes lors de la préparation du projet, en compte aujourd’hui environ 30, selon sa présentation officielle. La petite initiative de quartier est devenue un rendez-vous qui survit à plusieurs hivers.
Pourquoi des yourtes plutôt qu’un bâtiment de spa?
Ces structures circulaires sont adaptées à une installation saisonnière sur la pelouse du Lorrainebad. Elles donnent à l’endroit une identité différente de celle d’un complexe thermal conventionnel : on passe d’une petite construction à l’autre, entre le poêle à bois, le repos et l’air froid de la rivière.
À l’intérieur, il y a le löyly, cette vapeur produite lorsqu’on verse de l’eau sur les pierres chaudes. Ici, les visiteurs se concertent pour décider de l’arrosage des pierres, au lieu de laisser cette décision à une seule personne.
La particularité n’est pas de proposer un record de température. C’est de partager un espace où les règles de cohabitation font partie de l’expérience.
Un sauna public, pas une salle qu’on privatise
Le modèle associatif se voit dans les conditions d’accès. Le Sauna Lorrainebad ne prend pas de réservations et ne loue pas les installations à des groupes privés. Quand le lieu est plein, il faut attendre. L’équipe affiche l’occupation sur le site officiel.
Les visiteurs peuvent aller au sauna nus ou en maillot, selon leur confort, en utilisant une serviette sur le bois. Le vestiaire est mixte et les règles précises dépendent de l’organisation du lieu. Certains créneaux, dont le lundi réservé aux personnes concernées par la journée FINTA, ont des conditions d’accès particulières : mieux vaut consulter le programme avant de partir.
L’association cherche aussi à rendre l’entrée plus accessible. Pour la saison 2026-2027, elle présente un supplément solidaire facultatif de 5 CHF, destiné à aider les personnes qui ont moins de moyens à profiter du sauna.
Ce choix rappelle un peu Sompasauna à Helsinki, où l’esprit communautaire a pris une forme encore différente, avec un sauna gratuit entretenu par ses usagers. À Berne, l’accès est payant, mais l’objectif affiché dépasse la simple vente de séances.
Le rendez-vous revient avec le froid
La saison 2026-2027 commence le samedi 24 octobre 2026, à 9 h, selon l’annonce du 15 octobre. Une yourte de sauna plus grande remplace aussi l’ancienne structure de gauche.
Pour visiter : le Sauna Lorrainebad se trouve au Lorrainebad, Uferweg 70, 3013 Berne, au bord de l’Aar. L’activité est saisonnière, généralement jusqu’à la fin mars. Les heures, les tarifs et les règles d’accès sont à vérifier sur le site officiel. Il n’est pas nécessaire de réserver, mais l’entrée n’est pas garantie lorsque les installations sont pleines.
Le plus intéressant, finalement, n’est peut-être pas la forme des yourtes. C’est l’idée qu’un espace de baignade d’été puisse devenir, grâce à des habitants tenaces, un endroit où une ville se retrouve pendant l’hiver. Pas besoin d’attendre qu’une chaîne de spas découvre le quartier.