Culture

Rajaportti : ce sauna finlandais fonctionne depuis 1906

À Tampere, le sauna public Rajaportti accueille encore des baigneurs depuis 1906. Pourquoi ce lieu a-t-il survécu alors que la ville a changé ?

Bâtiments du sauna public Rajaportti et de son café dans le quartier Pispala à Tampere

Photo : Juha Laaksoharju, CC BY-SA 3.0, recadrée.

En Finlande, un sauna de 1906 pourrait facilement être devenu un musée. À Rajaportti, dans le quartier de Pispala à Tampere, on continue plutôt à y aller pour avoir chaud.

C’est le plus ancien sauna public finlandais encore en activité. Pas le plus ancien sauna du pays, nuance importante. Mais un endroit où l’on accueille toujours du monde, 120 ans après l’ouverture. La ville le présente ainsi.

Au départ, une affaire de quartier

Au début du XXe siècle, Hermanni et Maria Lahtinen exploitent dans ce coin de Pispala une boulangerie, un commerce et un sauna. On ne vient pas chercher une expérience de luxe : on vient se laver, se réchauffer et croiser les voisins.

Il y a même un détail qui change la façon de raconter son âge : le sauna fonctionne depuis 1906, mais le bâtiment en pierre encore utilisé aujourd’hui a été construit en 1915. Le premier bâtiment était en bois. C’est Rajaportti lui-même qui précise cette chronologie.

La chaleur a sa propre patience

Ici, pas de rangée de petites cabines individuelles. Le cœur du lieu est un grand poêle de maçonnerie chauffé au bois. Des pierres pesant ensemble plus d’une tonne accumulent la chaleur, puis dégagent une chaleur durable. Quand on y verse de l’eau, elles produisent le löyly, la bouffée de vapeur si importante dans le rituel finlandais. Les espaces des hommes et des femmes sont habituellement séparés. Visit Finland décrit ce fonctionnement.

L’autre secret de longévité n’est pas dans le poêle. Le bâtiment appartient aujourd’hui à la ville de Tampere, tandis que l’association de sauna de Pispala s’occupe de son fonctionnement depuis 1989.

C’est peut-être pour ça que Rajaportti ne ressemble pas à un monument historique ordinaire : on n’y vient pas regarder comment les gens vivaient autrefois. On continue à faire ce qu’ils venaient y faire.

Sources consultées