Culture

Après le sauna, faut-il vraiment se jeter dans la neige ?

Se rouler dans la neige après un sauna fait partie des coutumes finlandaises. Mais entre neige poudreuse, glace cachée et choc du froid, il y a quelques pièges.

Photo de lecteur

Partager une photo

Pour l'article « Après le sauna, faut-il vraiment se jeter dans la neige ? ». Nous vérifierons la photo avant toute publication.

On sort du sauna, la vapeur monte dans l’air froid et, juste devant, il y a un banc de neige immaculé. La tentation est évidente : se jeter dedans comme dans une piscine.

Le problème, c’est qu’au Québec, un banc de neige peut cacher une marche en béton, un morceau de bois ou une belle couche de glace. Le sauna est agréable. Une clavicule cassée l’est beaucoup moins.

Les Finlandais le font vraiment

Ce n’est pas une invention de vidéo virale. L’office touristique de la région de Jyväskylä décrit le fait de se rouler dans la neige parmi les façons traditionnelles de se rafraîchir après le sauna. Le site officiel ThisisFINLAND conseille toutefois une neige fraîche et poudreuse : une vieille neige glacée peut irriter la peau comme du papier abrasif.

Remarquez bien le verbe : se rouler. Ce n’est pas la même chose que plonger la tête la première dans un amas dont on ignore la profondeur.

Le rhume n’est pas le vrai mécanisme

Une sortie rapide dans la neige ne crée pas à elle seule un virus du rhume. Les rhumes sont des infections causées par des virus, rappelle le CDC dans sa fiche sur le rhume.

Le froid, lui, a ses propres dangers. Une exposition excessive peut causer des lésions de la peau et une hypothermie. Après une forte chaleur, passer brutalement à un froid intense peut aussi provoquer une réponse cardiovasculaire importante. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC invite particulièrement les personnes ayant un risque cardiaque à demander conseil avant de pratiquer des immersions froides.

Et puis, il y a la chute toute bête : pieds mouillés, terrasse gelée, marches glissantes. La Croix-Rouge canadienne rappelle qu’une glace difficile à voir suffit à envoyer quelqu’un au sol.

Alors, comment essayer sans faire une cascade ?

Je ne recommanderais pas de sauter. Si quelqu’un veut découvrir cette coutume, le plus raisonnable est de commencer par une courte sortie à l’air frais, puis éventuellement de toucher ou de s’asseoir doucement dans de la neige propre, fraîche, peu profonde et sur un terrain dont on connaît exactement le fond.

Pas de course pieds nus sur une surface glacée, pas de tête la première, pas d’alcool, pas de compétition pour tenir plus longtemps que les autres. Une autre personne devrait être à proximité. On garde une serviette sèche et un accès immédiat à un endroit chauffé; si l’on se sent étourdi, engourdi ou mal, on arrête et on se réchauffe.

Une douche fraîche ou une simple pause dehors peuvent aussi suffire. Notre rituel chaud-froid-repos explique justement pourquoi le froid n’a pas besoin de devenir une épreuve.

La neige, c’est facultatif. Le sol solide sous les pieds, non.

Sources consultées